Témoignages

Madame Calbo a repris la boutique "Juste Moi" à Agen

Madame Calbo vient de rejoindre la FNH en tant que repreneur d'une boutique de prêt-à-porter féminin cédée par Mme Lantin Sylvie. Cette dernière gère encore 2 autres boutiques de prêt-à-porter à Agen et souhaitait "lever le pied" en vendant sa troisième boutique. La boutique de Madame Calbo est une boutique multimarques qui cible les adolescents.
Très prochainement elle intégrera d'autres marques afin de cibler davantage la femme. Située au centre de la ville d'Agen sur l'un des 2 boulevards les plus commerçants du centre, près d'une sandwicherie ce qui permet un passage important, ses points faibles aujourd'hui restent sa petite taille (50 m2) et un besoin évident de travaux de "relooking" de la façade et de l'intérieur pour la rendre plus attractive au delà de sa clientèle d'habitués. Lire le témoignage de Madame Calbo.

Monsieur et Madame PASSICOS, dirigeants de boutiques indépendantes et adhérents de la FNH, ont cédé en juillet 2007 une de leurs deux boutiques à l’une de leurs salariées, Mademoiselle CABANACQ.

Nous les remercions chaleureusement tous trois de nous apporter leur témoignage.
 
MN : Vous aviez deux boutiques, l’une à Dax et l’autre à Mont-de-Marsan (40). Pourquoi avez-vous cédé l’une de vos deux boutiques ?
Madame PASSICOS : j’approche de la retraite et j’avais envie d’alléger progressivement ma charge de travail j’ai donc pris la décision de céder la boutique de Mont-de-Marsan.
 
MN : Quelles sont les difficultés majeures que vous avez rencontrées lors de cette cession ?
Madame PASSICOS : En réalité, je n’ai rencontré aucune difficulté.
 
Pour nous aider à céder le point de vente nous avons fait appel à un notaire. Nous avons également participé à un atelier sur la transmission d’entreprise qui était organisé sur la Boutique Performante en janvier 2006 et qui nous a informés sur les exonérations de plus-values, et d’autres points qui nous étaient utiles pour la transmission de l’entreprise.
De plus, Céline CABANACQ était salariée dans cette boutique depuis 2002 et lorsqu’elle a su que nous souhaitions céder en 2005, elle nous a proposé de reprendre la boutique, dont elle est devenue propriétaire en juillet 2007.
Nous avons donc eu la chance d’avoir une salariée voulant reprendre la boutique.
 
MN : Le fait de céder à votre salariée a-t-il été facile ?
 
Madame PASSICOS : En tant que dirigeante de deux boutiques, je n’étais pour ainsi dire jamais à la boutique de Mont-de-Marsan. Céline Cabanacq et la vendeuse, Odile (que Céline a gardée) géraient déjà la clientèle. Mon époux y allait pour la gestion comptable.
J’ai toujours associé mes vendeuses aux achats et aux formations que je suivais, de façon à ce qu’elles soient le plus performantes possible : Céline Cabanacq connaissait donc les produits, les fournisseurs et les conditions d’achat. Elle était autonome et avait déjà un excellent relationnel avec notre clientèle.
En janvier 2007, nous lui avons remis la gestion totale de la boutique de façon à ce qu’elle en prenne petit à petit les rennes, et je contrôlais les comptes en fin de mois.
Nous lui avons revendu le stock à un prix avantageux et nous avions négociés (Céline Cabanacq et moi-même) des avantages avec les fournisseurs pour la saison automne-hiver 2007 et printemps-été 2008, de façon à ce qu’elle puisse démarrer dans de très bonnes conditions et avec un stock raisonnable. 
Nous avons préféré lui vendre notre boutique à 30 % du chiffre d’affaires, avec un stock négocié pour assurer la pérennité de l’affaire.
 
MN : Quels sont les trois principaux conseils que vous donneriez aux dirigeants qui souhaitent céder à un salarié ou non ?
 
Madame PASSICOS : Il faut avoir la volonté (pendant un laps de temps), de « donner » sa boutique au repreneur avant la cession. Je l’ai fait pendant 6 mois (de janvier 2007 à fin juin 2007). Tout a été géré par Céline Cabanacq, de la prise de commandes aux écritures comptables.
 
Il faut également leur laisser un stock suffisant et dans de bonnes conditions.
 
Par ailleurs, il faut avoir une position très ferme par rapport aux fournisseurs. Dans mes courriers pour les aviser de la vente de mon commerce, j’ai vanté les qualités de Céline Cabanacq afin de les rassurer. Car malheureusement, grand nombre de fournisseurs ont des réticences à traiter avec des repreneurs.
 
MN : Selon vous le fait d’accompagner le repreneur est-il indispensable ?
Madame PASSICOS : Oui, c’est primordial. Les repreneurs ont besoin d’être suivis, aidés, conseillés et soutenus par le cédant.
 
Céline Cabanacq et moi-même avons un excellent relationnel et c’est très important. Il nous arrive même de passer des commandes en commun ou bien de nous échanger des modèles. Malheureusement, je vois autour de moi des cessions qui ne se passent pas toujours dans de bonnes conditions parce que la relation entre cédant et repreneur est difficile.
 
MN : Parmi les services de la FNH quels sont ceux qui vous intéressent plus particulièrement ?
Madame PASSICOS : J’ai eu un litige prud’homal il y a quelques temps et je remercie la FNH pour son assurance protection juridique qui nous a permis de boucler ce dossier dans de bonnes conditions pour nous.
Les ateliers également : mon époux a participé à Paris, à un atelier sur les soldes et il était enthousiasmé car il est très important d’échanger avec d’autres professionnels sur une telle problématique.
 
MN : La FNH lance son programme Mod’Envol pour aider les cédants à valoriser leur point de vente et trouver des repreneurs potentiels. Pensez-vous que cela peut vous être utile pour la cession de votre point de vente situé à Dax ?
 
Madame PASSICOS : Oui bien entendu ! Nous serions très intéressés par les conseils et les informations que la FNH pourra nous apporter afin que nous puissions céder notre commerce dans les meilleures conditions possibles.
 
Mademoiselle Céline Cabanacq, a repris la boutique REGINE (spécialisée en robes de cérémonie, cocktail, vêtements prêt-à-porter pour femmes rondes) à MONT DE MARSAN (40).
 
MN : Pourquoi avez-vous décidé de reprendre plutôt que de créer une boutique de prêt-à-porter ?
Mademoiselle Cabanacq : j’ai été vendeuse-retoucheuse dans la boutique REGINE pendant 5 ans, il s’agit de mon premier emploi. La mode a toujours été une passion pour moi et je n’ai jamais été effrayée par toute la gestion que demande une boutique de prêt-à-porter. Quand Madame Passicos m’a dit qu’elle souhaitait céder la boutique, j’ai souhaité la reprendre pour avoir mon entreprise.
 
MN : Avez-vous rencontré des difficultés pour reprendre votre boutique et lesquelles ?
Mademoiselle Cabanacq : Oui énormément. Lorsque l’on a 25 ans, on est confronté à des soucis face aux banques et aux assurances !
 
J’ai d’abord pris contact avec la Chambre de Commerce afin de prendre tous les renseignements utiles pour reprendre : que faut-il faire ? Quelles sont les aides ? Vers qui aller ? J’ai également suivi leur formation « 5 jours pour entreprendre ».
 
Ensuite, j’ai consulté des banques avec un dossier qui était pourtant très bon et établi par mon comptable. Mais d’une banque à l’autre les documents demandés n’étaient pas les mêmes !
 
J’ai dû attendre un an et demi pour me constituer un apport personnel de 40 % du montant du rachat. Et j’ai réussi à reprendre ce commerce.
 
Malgré l’assurance d’une boutique fiable avec un potentiel clients important et une ancienneté de 28 ans, les banques ont été très réticentes à m’accorder un prêt.
 
MN : Selon vous quelles sont les principales compétences à avoir lorsque l’on veut reprendre une boutique ?
Mademoiselle Cabanacq : Il faut avant tout savoir gérer (la comptabilité, le stock) : diriger une boutique de mode indépendante ce n’est pas uniquement vendre les vêtements que l’on aime porter ! Il faut également avoir un très bon relationnel avec la clientèle et enfin, il faut connaître et s’adapter au produit que l’on vend.
 
MN : Quels sont actuellement vos points forts et vos points faibles ?
Mademoiselle Cabanacq : j’ai la chance d’avoir repris une boutique qui a été créée il y a 28 ans, avec une clientèle fidélisée, le personnel n’a pas changé et le produit non plus. Les clientes sont rassurées.
 
MN : Quels sont les améliorations que vous souhaitez apporter ?
Mademoiselle Cabanacq : Notre clientèle est une clientèle vieillissante en milieu rural, je souhaiterais proposer un produit pour les femmes plus jeunes.
 
MN : Le fait que vous soyez accompagnée par vos cédants est-il indispensable ?
Mademoiselle Cabanacq : oui bien sûr, c’est indispensable. Madame Passicos a été très présente et m’a aidé jusque dans mes recherches auprès des organismes pour obtenir des aides et la constitution des mes dossiers, elle-même ayant été confrontée à ce problème lorsqu’elle a créé. Elle m’a permis de gérer la boutique entièrement pendant 6 mois avant la signature. Et encore aujourd’hui elle m’est d’un grand soutien au quotidien.
 
MN : Quels sont les services qui peuvent vous aider dans le développement de votre affaire ?
Mademoiselle Cabanacq : Il est nécessaire de se remettre en question. Pour développer mon point de vente, je pense que les stages de formation seront encore nécessaires. Je dois également informatiser mon fichier clients, faire davantage de communication, car même si le « bouche à oreille » fonctionne, je souhaiterais développer davantage mon fichier clients.
 
 
Témoignages reccueillis par Marie Neto-FNH